À
quoi ressemble donc ce "fameux" goût de
bouchon ? La réponse simple à cela est : ça
sent le moisi. Ce défaut aromatique qu'un
bouchon défectueux laisse au vin constitue
le cauchemar de l'amateur devant ses
convives. Il n'est pourtant pas si fréquent
: environ une bouteille sur quinze.
Le bouchon lègue plusieurs sortes d'odeurs.
Celle, naturelle, du liège peut être
communiquée au vin par des poussières de
bouchon ou lorsqu'à l'ouverture celui-ci est
transpercé. Le liège capte aussi les odeurs,
bonnes ou mauvaises, de la pièce où sont
conservées les bouteilles, puis les transmet
au vin. Ce que le consommateur appelle goût
de bouchon est une odeur de moisi, de terre,
de mousse ou de feuilles en décomposition.
Mais d'où vient donc ce goût de bouchon ? De
micro-organismes qui produisent une molécule
malodorante - le tri-chloro-anisole
(communément appelé TCA) - lorsqu'ils
s'attaquent à des composés chlorés. Et d'où
viennent ces composés chlorés ? De certains
produits utilisés pour laver les bouchons
lors de leur processus de fabrication,
certes, mais aussi des produits de
traitements des bois de charpentes ou de
palettes de stockage. Des recherches
récentes permettent d'envisager des lièges
exempts de défauts dans un avenir proche
grâce à un traitement au gaz carbonique à
l'état critique.
Comment identifier ce défaut ? Premier
symptôme identifié, le fruit du vin est
masqué derrière des odeurs de champignon et
de moisissure, parfois de terre humide,
d'humus, de mousse. Le diagnostic est
confirmé par la dégustation en bouche : les
mêmes arômes se manifestent et une
impression de sécheresse domine. En général,
l'aération du vin n'arrange pas les choses;
ce défaut peut même empirer.
Toutefois, certains arômes s'apparentent au
goût de bouchon, sans l'être. Ils sont dus à
l'usage de vieilles futailles, à un mauvais
lavage des bouteilles, au papier utilisé
pour filtrer le vin, à une vendange atteinte
par la pourriture ou encore à l'hygiène de
cave qui laisse à désirer.
Au Québec, la SAQ remplace tous les produits
atteints de ce défaut. Si vous êtes au
restaurant et croyez avoir affaire à un vin
bouchonné, refusez-le. Un restaurant correct
accepte toujours d'échanger une bouteille.
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