Depuis
belle lurette, la vigne et l'Homme font bon
ménage. Cette liane, forcée d'abandonner les
arbres sur lesquels elle abondait autrefois,
s'est retrouvée alignée, taillée, dorlotée,
et sélectionnée pendant des générations,
afin que ses baies développent tout leur
fruité.
Les hommes ont vite découvert que la vigne
pouvait pousser presque partout... mais pas
partout. En effet, les zones humides et les
sols compacts lui correspondent mal, et, si
elle peut croître dans des pays froids, ses
fruits ne parviennent pas à mûrir. Mais les
terres pauvres et caillouteuses, les
schistes, les granites, les grès, les sables
et les terrains les plus divers accueillent
les ceps. Les raisins de cuve, c'est-à-dire
ceux destinés à la vinification, ont une
exigence unique en agriculture : naître d'un
sol pauvre. Certes, la vigne se porte bien
en plaine, sur des alluvions récentes et
riches, mais les grosses baies obtenues ne
produisent que des vins délavés.
Généralement, pour qu'un vignoble donne son
meilleur, il doit être planté sur un coteau
où l'eau s'écoule facilement ou bien sur un
sol graveleux. Cette condition est
nécessaire, mais pas suffisante pour définir
ce que l'on nomme un « terroir ». C'est le
terroir, à savoir le sol et le climat, qui
détermine le type du vin produit, son style
et sa qualité. À cela s'ajoutent deux autres
facteurs : la vigne et l'homme.
Les différents sols découlent de la
structure géologique (glaciations, tracé des
rivières, érosion). Le climat dépend de la
latitude, de l'altitude, de la pluviométrie,
de l'ensoleillement, du régime des vents et
des configurations particulières pouvant
créer un microclimat. Le choix de la vigne,
c'est-à-dire les portes-greffes et les
greffons, est déterminé en fonction du sol,
du climat et du type de vin souhaité. Quant
à l'Homme, il intervient à toutes les
étapes, de la préparation du sol à la
création du vignoble, de la culture à la
vinification.
Rendement limité = gage de qualité!
Un pied de vigne peut produire une quantité
de raisins très différente selon la volonté
du vigneron. Celui-ci est cependant tenu de
respecter la réglementation qui régit son
vignoble. Les experts s'accordent à penser
que, pour produire des vins de qualité, il
est primordial de limiter le rendement des
vignobles. À cette fin, une taille d'hiver
rigoureuse permet de maîtriser la croissance
de la plante (plus la vigne est taillée
court, moins nombreux sont les raisins). La
taille d'été, appelée également taille en
vert ou vendanges vertes, qui élimine les
grappes excédentaires, permet aux raisins
restants de gagner en concentration et en
maturité. L'ébourgeonnage et l'épamprage
(enlèvement des nouvelles pousses sur le
tronc) à la fin du printemps peuvent
également contribuer à l'abaissement du
rendement à l'hectare d'un vignoble.
La haute qualité n’est pas le fruit du
hasard. Pour un grand vin, elle exige à la
fois la générosité du terroir, la complicité
du climat et l’attention passionnée des
hommes.Ce potentiel humain et technique ne
peut se permettre le moindre relâchement.
Sans cesse, il faut voir, prévoir, soigner,
surveiller, innover...
Tout au long de
l’année, le travail passionné des vignerons
vient parfaire les dons naturels du terroir.
Promouvoir la qualité, la porter à son plus
haut niveau d’expression, c’est la noble
ambition des efforts quotidiens consentis
par les vignerons, ces hommes et ces femmes
passionnés de la vigne.