Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac

 

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                                                                                        Mirer ! Humer ! Goûter ! Extase !

   Le Périgord pourpre
   (2ième partie de 3)

    par Jean Claude DENOGENS 


S
elon la recommandation de Xavier Darcos, président de l’Association des Lauréats de la Fondation de l’Avenir du Périgord : « Ne venez pas en Périgord pour y trouver ce que vous venez de quitter, pour consommer des loisirs organisés ou pour défiler à tout prix devant ce qu’il « faut avoir vu ». Venez y redécouvrir un art de vivre, y sentir les profondes racines de l’homme resté Lui-même ». Si vous avez le malheur de faire partie de ceux qui « mangent pour vivre » cette région ne vous intéresse pas et vous pourrez vous arrêter n’importe où pour vous sustenter de ces préparations standard qu’on sert dans beaucoup trop de restaurants ; n’oubliez jamais qu’en Périgord la gourmandise est une vertu.

De très nombreuses petites routes bien entretenues et peu fréquentées permettent de découvrir de merveilleux paysages d’une variété infinie, sillonnés de belles rivières et d’innombrables ruisseaux. Dans ces sites remarquables, les trésors du passé retracent la vie, depuis 20.000 ans : grottes préhistoriques, châteaux médiévaux ou Renaissance, vieilles cités d’art, bastides, villages moyenâgeux, églises romanes. Trouvez-moi un département français qui compte plus de mille châteaux. Le Périgord est par excellence la terre d’élection du tourisme culturel. Il est vrai que la cuisine périgourdine mérite son évidente célébrité et « Vaut le voyage » comme dirait le célèbre guide Michelin.

Le Périgord n’est vraiment lui-même que par ses hommes. S’il est lent à se donner, le Périgourdin ( j’en suis un ) est cependant un ami fidèle, riche du sens des réalités et des devoirs, à l’image de Montaigne.

« PETRA malis, COR amicis, hostibus ENSIS :
haec tria si fueris, PETRACORENSIS eris ».
« Une pierre pour les méchants,
un cœur pour les amis,
une épée pour les ennemis :
quand tu auras été ces trois éléments,
tu seras un Périgourdin ».

Le nom « Pays de Montaigne et Gurson » en Périgord Pourpre, évoque pour moi une série de clichés profondément lointains, qui, sans être faux suscitent des images incomplètes et nuancées. Mais ô combien riche de morale, d’éducation et d’instruction bien reçues. C’est le coin de ma jeunesse tumultueuse, élevé par des cultivateurs vignerons empreints de simplicité, de franchise, au milieu d’une campagne riante, de braves gens travailleurs, toujours de bonne humeur, buvant un bon coup, avec le facteur et même le curé. C’est un coin de France au climats les plus tempérés du monde. En juillet 1940, le département de la Dordogne est amputé à l’ouest par la ligne de démarcation de l’occupation Allemande, véritable frontière entre la zone libre et la zone occupée. Le vignoble est pris entre les deux. Le 25 août 1944, le département de la Dordogne est totalement libéré. J’avais 8 ans. Je ne nierai pas à ma chère famille périgourdine les prouesses très courageuses qu’elle durent développer, moi qui me souviens n’avoir manqué de rien. Cette cuisine du Périgord et les vins de Bergerac guida mes premiers pas et éduqua mon odorat. J’ai le souvenir présent de ces femmes ingénieuses qui mijotaient avec amour des plats régionaux ( futures dames cordon- bleu ). Ces fées qui buttinaient sur les fourneaux et bercèrent mon enfance au pays du bien manger et du bien boire. Selon Curnonski : « La cuisine périgourdine est sans beurre ni reproche ».

Aujourd’hui encore le vignoble de Bergerac est un lieu privilégié pour venir passer vos vacances. Le pays de Bergerac recelle, autour de ses vignes, de nombreux atouts touristiques. La superficie de ce beau vignoble bergeracois est de 12 800 hectares, 1240 viticulteurs, 13 AOC, 93 villages. 56% de vin rouge, 39% de vin blanc, 5% de vin rosé. Les exportations. Environ 15% des ventes des AOC des vins de Bergerac sont faites à l’export. Voici les principaux pays : Angleterre, Belgique, Allemagne, pays-Bas.

Il n’existe pas de cépages typiquement bergeracois, les racines de la vigne périgourdine, sont essentiellement bordelaises. Les cépages utilisés : Vins rouges ; Cabernet Sauvignon. Cabernet Franc. Merlot. Malbec. Vins blancs : Sauvignon. Sémillon. Muscadelle. Chenin blanc ( en faible proportion ).

Les appellations du Bergeracois classées par type de vin. Bergerac, sec, rosé et rouge. Côtes de Bergerac, moelleux, rouge. Monbazillac, liquoreux. Pécharmant, rouge. Montravel, sec et rouge. Haut Montravel, moelleux. Côtes de Montravel, moelleux. Saussignac, liquoreux. Rosette, moelleux. Héritier d’un passé prestigieux et de 2000 ans de tradition viticole, le vignoble de Bergerac offre une exceptionnelle palette de vins et de saveurs.

Bergerac Capitale historique de la moyenne vallée de la Dordogne, Bergerac sert de trait d’union entre Bordeaux et l’arrière-pays. A l’origine de la cité, une villa appelée « Bracariacum », appartenant à un nommé Bracarius dont l’ancêtre était un bracarius, un fabricant de braies, un tailleur. Bragairac, au onzième siècle, ensuite Bragerac et enfin Bergerac. Bergerac doit beaucoup à Edmond Rostand qui fit naître son charmeur de Cyrano.

« Mon nez, fit le poète en cachant une larme.
Si grotesque à Paris, en Dordogne a du charme
C’est pour sentir la truffe et le monbazillac ».
Lucien Boyer ( « Paysages de France » )

«Enorme mon nez !
Vil camus, sot camard, tête plate,
Apprenez que je m’enorgueillis d’un pareil appendice »
( Edmond Rostand )


Le cloître des Récollets, qui abrite la Maison des Vins, est le point de départ de la Route des Vins. C.I.V.R.B.
1, rue des Récollets-F-24104 Bergerac
Tél. : 0033 (0) 5 53 63 5757- Email : contact@vins-bergerac.fr .

En effet, c’est dans ce magnifique édifice construit au 16ème siècle sur les fondation du 12ème que vous recevrez une première information sur le Vignoble Bergeracois. Vous serez invité par la suite à partir à la rencontre des charmantes propriétés viticoles. Entre route de la préhistoire et chemin des châteaux, étapes gourmandes et circuit des bastides, le vignoble du Bergeracois apporte sa touche singulière et précieuse à la riche palette des beaux-arts périgourdins. Saluons au passage l’or du Périgord, Monbazillac, issus d’un terroir de 3600 hectares établi sur 5 communes, les Monbazillac sont obtenus par tris successifs de raisins atteints de la « pourriture noble ». Selon le poète Armant Got,« Monbazillac, vin blanc des jours de fêtes » « Monbazillac, hosanna de Topaze »« Monbazillac, salut, grand seigneur des vins doux ». Le Pécharmant à l’est de Bergerac, cette appellation a pour origine une expression de la langue d ‘oc qui s’écrit également « Pech Charmant et signifie le beau sommet.» C’est un vin rouge fort apprécié des œnophiles. Il n’est pas sans rappeler certains Saint-Emilions, son élégance, son goût franc très racé, son bouquet souvent de violette, de framboise et de truffe en font un grand cru de la région.

« Le vin est à la table, ce que la fleur est au jardin ».
                                                                             ( Docteur Tant. )

Méconnus, ces crus de Bergerac, bouquet du Périgord, méritent bien plus que d’être essayés. Ils conviennent aussi aux convalescents comme aux intellectuels.

En blanc :
Château Tour des Gendres Cuvée des Conti Côtes de Bergerac 2006
(S)-code SAQ 858324 - prix 15,15 $.
Joli vin et joli robe jaune paille. Au nez, ce vin blanc exprime des parfums de fleur blanches et de pêche. En bouche très agréable et une persistance longue, un blanc harmonieux et gourmand, des arômes qui charmes mes papilles. Luc de Conti est sans aucun doute un grand vigneron et un artiste complet.

Conseil de l’œnophile : Pourquoi pas à l’apéritif dégusté frais, il est le digne compagnon du saumon. Il accompagne à merveille les fruits de mer, les crustacés et les poissons, ainsi que le fromage de chèvre. Température de service : 10-12 degrés.

En rouge :
Château Tour des Gendres Gloire de mon Père Côtes de Bergerac 2005 (S)-code SAQ 10268887-prix 23,45 $.
Un vin avec une robe de couleur rouge sombre. Au nez un bouquet de petits fruits noirs et de réglisse. En bouche de la fraîcheur, sec, généreux, ample avec une longue finale. Un Côtes de Bergerac qui se tient bien et sagement à table.

Conseil de l’œnophile : Idéal sur le civet de langouste, le gibier en sauce, une pièce d’agneau. Température de service : 14-17 degrés.


 

       
        
         Jean-Claude Denogens

             Officier du Mérite Agricole (France)
             Grand Consul de la Vinée de Bergerac

 
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     Un mot sur l'auteur


L’AUTEUR Jean Claude DENOGENS est né le 25 août 1936 à Saint-Martin-de-Gurçon Dordogne, aimable village planté au milieu des vignes du Bergeracois. Bien né, puisque né au pays de Cyrano de Bergerac.

Issu d’une famille vigneronne dans le beau Périgord pourpre et or il y demeure jusqu’à son service militaire. Chemin faisant, il s’installe à Bordeaux Gironde ou il débute le journalisme au quotidien « La France ». Bien éduqué et bien instruit, puisque bercé en poésie au pays des trois « M » Montaigne, Montesquieu, Mauriac, illustres auteurs Vignerons et Bordelais. Il y rencontre celui qui sera son mentor, le célèbre Jean-Max Eylaud, docteur en sociologie, fondateur de la société des médecins amis des vins de France. Avec un goût passionné, pour la défense et l’illustration des vin de France en 1971, il fonde l’«Ordre du Mérite Œnophile» sous l’égide du poète écrivain-vigneron Bordelais le docteur Eylaud.

Puis 1972, la « Gazette des Œnophiles De Vigne en Bouche ». Première profession de foi de sa vocation vineuse. Installé au Québec depuis 1963, Jean Claude DENOGENS s’emploie, désormais sous le vocable de l’œnophilie, à servir avec une ferveur égale, à la fois Apollon (les lettres) Bacchus (le vin) et Saint-Vincent (patron des vignerons). Conférencier de renom, sous le thème « Mirer ! Humer ! Goûter ! Extase!» il fit le tour de la belle province de Québec y donnant une série de cours-conférences. En 2007, Jean Claude DENOGENS qui a collaboré à plusieurs quotidiens et magazines est le doyen des chroniqueurs spécialisés en vin.

Membre d’un grand nombre de Confréries vineuses et de la (FIJEV), Le fondateur Grand Chancelier des
Œnophiles Jean Claude DENOGENS est entre autres distinctions, un des rares journaliste français au Canada à porter le titre d’Officier de l’Ordre du Mérite Agricole Français.
 

   

 

 

 

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