S
elon
la recommandation de Xavier Darcos,
président de l’Association des Lauréats de
la Fondation de l’Avenir du Périgord : « Ne
venez pas en Périgord pour y trouver ce que
vous venez de quitter, pour consommer des
loisirs organisés ou pour défiler à tout
prix devant ce qu’il « faut avoir vu ».
Venez y redécouvrir un art de vivre, y
sentir les profondes racines de l’homme
resté Lui-même ». Si vous avez le malheur de
faire partie de ceux qui « mangent pour
vivre » cette région ne vous intéresse pas
et vous pourrez vous arrêter n’importe où
pour vous sustenter de ces préparations
standard qu’on sert dans beaucoup trop de
restaurants ; n’oubliez jamais qu’en
Périgord la gourmandise est une vertu.
De très
nombreuses petites routes bien entretenues
et peu fréquentées permettent de découvrir
de merveilleux paysages d’une variété
infinie, sillonnés de belles rivières et
d’innombrables ruisseaux. Dans ces sites
remarquables, les trésors du passé retracent
la vie, depuis 20.000 ans : grottes
préhistoriques, châteaux médiévaux ou
Renaissance, vieilles cités d’art, bastides,
villages moyenâgeux, églises romanes.
Trouvez-moi un département français qui
compte plus de mille châteaux. Le Périgord
est par excellence la terre d’élection du
tourisme culturel. Il est vrai que la
cuisine périgourdine mérite son évidente
célébrité et « Vaut le voyage » comme dirait
le célèbre guide Michelin.
Le Périgord
n’est vraiment lui-même que par ses hommes.
S’il est lent à se donner, le Périgourdin (
j’en suis un ) est cependant un ami fidèle,
riche du sens des réalités et des devoirs, à
l’image de Montaigne.
« PETRA malis, COR amicis, hostibus ENSIS :
haec tria si fueris, PETRACORENSIS eris ».
« Une pierre pour les méchants,
un cœur pour les amis,
une épée pour les ennemis :
quand tu auras été ces trois éléments,
tu seras un Périgourdin ».
Le nom « Pays de Montaigne et Gurson » en
Périgord Pourpre, évoque pour moi une série
de clichés profondément lointains, qui, sans
être faux suscitent des images incomplètes
et nuancées. Mais ô combien riche de morale,
d’éducation et d’instruction bien reçues.
C’est le coin de ma jeunesse tumultueuse,
élevé par des cultivateurs vignerons
empreints de simplicité, de franchise, au
milieu d’une campagne riante, de braves gens
travailleurs, toujours de bonne humeur,
buvant un bon coup, avec le facteur et même
le curé. C’est un coin de France au climats
les plus tempérés du monde. En juillet 1940,
le département de la Dordogne est amputé à
l’ouest par la ligne de démarcation de
l’occupation Allemande, véritable frontière
entre la zone libre et la zone occupée. Le
vignoble est pris entre les deux. Le 25 août
1944, le département de la Dordogne est
totalement libéré. J’avais 8 ans. Je ne
nierai pas à ma chère famille périgourdine
les prouesses très courageuses qu’elle
durent développer, moi qui me souviens
n’avoir manqué de rien. Cette cuisine du
Périgord et les vins de Bergerac guida mes
premiers pas et éduqua mon odorat. J’ai le
souvenir présent de ces femmes ingénieuses
qui mijotaient avec amour des plats
régionaux ( futures dames cordon- bleu ).
Ces fées qui buttinaient sur les fourneaux
et bercèrent mon enfance au pays du bien
manger et du bien boire. Selon Curnonski : «
La cuisine périgourdine est sans beurre ni
reproche ».
Aujourd’hui
encore le vignoble de Bergerac est un lieu
privilégié pour venir passer vos vacances.
Le pays de Bergerac recelle, autour de ses
vignes, de nombreux atouts touristiques. La
superficie de ce beau vignoble bergeracois
est de 12 800 hectares, 1240 viticulteurs,
13 AOC, 93 villages. 56% de vin rouge, 39%
de vin blanc, 5% de vin rosé. Les
exportations. Environ 15% des ventes des AOC
des vins de Bergerac sont faites à l’export.
Voici les principaux pays : Angleterre,
Belgique, Allemagne, pays-Bas.
Il n’existe pas de cépages typiquement
bergeracois, les racines de la vigne
périgourdine, sont essentiellement
bordelaises. Les cépages utilisés : Vins
rouges ; Cabernet Sauvignon. Cabernet Franc.
Merlot. Malbec. Vins blancs : Sauvignon.
Sémillon. Muscadelle. Chenin blanc ( en
faible proportion ).
Les appellations du Bergeracois classées par
type de vin. Bergerac, sec, rosé et rouge.
Côtes de Bergerac, moelleux, rouge.
Monbazillac, liquoreux. Pécharmant, rouge.
Montravel, sec et rouge. Haut Montravel,
moelleux. Côtes de Montravel, moelleux.
Saussignac, liquoreux. Rosette, moelleux.
Héritier d’un passé prestigieux et de 2000
ans de tradition viticole, le vignoble de
Bergerac offre une exceptionnelle palette de
vins et de saveurs.
Bergerac
Capitale historique de la moyenne vallée de
la Dordogne, Bergerac sert de trait d’union
entre Bordeaux et l’arrière-pays. A
l’origine de la cité, une villa appelée «
Bracariacum », appartenant à un nommé
Bracarius dont l’ancêtre était un bracarius,
un fabricant de braies, un tailleur.
Bragairac, au onzième siècle, ensuite
Bragerac et enfin Bergerac.
Bergerac doit beaucoup à Edmond Rostand qui
fit naître son charmeur de Cyrano.
« Mon nez, fit le poète en cachant une
larme.
Si grotesque à Paris, en Dordogne a du
charme
C’est pour sentir la truffe et le
monbazillac ».
Lucien Boyer ( « Paysages de France » )
«Enorme mon nez !
Vil camus, sot camard, tête plate,
Apprenez que je m’enorgueillis d’un pareil
appendice »
( Edmond Rostand )
Le cloître des Récollets, qui abrite la
Maison des Vins, est le point de départ de
la Route des Vins. C.I.V.R.B.
1, rue des
Récollets-F-24104 Bergerac
Tél. : 0033 (0) 5
53 63 5757- Email :
contact@vins-bergerac.fr
.
En effet, c’est dans ce magnifique édifice
construit au 16ème siècle sur les fondation
du 12ème que vous recevrez une première
information sur le Vignoble Bergeracois.
Vous serez invité par la suite à partir à la
rencontre des charmantes propriétés
viticoles. Entre route de la préhistoire et
chemin des châteaux, étapes gourmandes et
circuit des bastides, le vignoble du
Bergeracois apporte sa touche singulière et
précieuse à la riche palette des beaux-arts
périgourdins. Saluons au passage l’or du
Périgord, Monbazillac, issus d’un terroir de
3600 hectares établi sur 5 communes, les
Monbazillac sont obtenus par tris successifs
de raisins atteints de la « pourriture noble
». Selon le poète Armant Got,« Monbazillac,
vin blanc des jours de fêtes » «
Monbazillac, hosanna de Topaze »«
Monbazillac, salut, grand seigneur des vins
doux ». Le Pécharmant à l’est de Bergerac,
cette appellation a pour origine une
expression de la langue d ‘oc qui s’écrit
également « Pech Charmant et signifie le
beau sommet.» C’est un vin rouge fort
apprécié des œnophiles. Il n’est pas sans
rappeler certains Saint-Emilions, son
élégance, son goût franc très racé, son
bouquet souvent de violette, de framboise et
de truffe en font un grand cru de la région.
« Le vin est à la table, ce que la fleur est
au jardin ».
( Docteur Tant. )
Méconnus, ces crus de Bergerac, bouquet du
Périgord, méritent bien plus que d’être
essayés. Ils conviennent aussi aux
convalescents comme aux intellectuels.
En blanc :
Château Tour des Gendres Cuvée des Conti
Côtes de Bergerac 2006
(S)-code SAQ
858324 - prix 15,15 $.
Joli vin et joli robe jaune paille. Au nez,
ce vin blanc exprime des parfums de fleur
blanches et de pêche. En bouche très
agréable et une persistance longue, un blanc
harmonieux et gourmand, des arômes qui
charmes mes papilles. Luc de Conti est sans
aucun doute un grand vigneron et un artiste
complet.
Conseil de l’œnophile : Pourquoi pas à
l’apéritif dégusté frais, il est le digne
compagnon du saumon. Il accompagne à
merveille les fruits de mer, les crustacés
et les poissons, ainsi que le fromage de
chèvre. Température de service : 10-12
degrés.
En rouge :
Château Tour des Gendres Gloire de mon Père
Côtes de Bergerac 2005 (S)-code SAQ
10268887-prix 23,45 $.
Un vin avec une robe de couleur rouge
sombre. Au nez un bouquet de petits fruits
noirs et de réglisse. En bouche de la
fraîcheur, sec, généreux, ample avec une
longue finale. Un Côtes de Bergerac qui se
tient bien et sagement à table.
Conseil de l’œnophile : Idéal sur le civet
de langouste, le gibier en sauce, une pièce
d’agneau. Température de service : 14-17
degrés.

Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac