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Mirer ! Humer ! Goûter ! Extase !
Le Périgord pourpre
(3ième partie de 3) |
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par Jean Claude DENOGENS |
A u
cœur de la douceur de vivre, le pays de
Montaigne et de Gurson ouvre la porte du
Périgord. Il offre au visiteur œnophile, une
extrême diversité de paysages : riants
coteaux qu’escaladent les vignes des
appellations Montravel, Haut-Montravel,
Côtes de Montravel, régions de forêts et de
frais vallons autour de
Villefranche-de-Lonchat et du pays de
Gurson. Montravel, est une révélation
philosophique et historique c’est le berceau
de Montaigne. Dans le village qui porte son
nom, au cœur du vignoble de Montravel, est
né en 1553 le célèbre philosophe Michel
Yquem de Montaigne. (1580) il publie ses
Essais. Cet ouvrage, un des phares de la
pensée française, donne à la langue
française son éclat à l’étranger. Il est
aussi l’expression de l’interrogation dont
il fit sa devise : « Que sais-je ?». Maire
de Bordeaux et producteur de vin de
Montravel, il contribue à la renommée de ces
derniers. « Le vin ce bon dieu qui redonne
aux hommes la gaité et la jeunesse aux
vieillards » écrit-il dans les essais. Grand
ami du vin, de son vin à n’en pas douter,
Montaigne a écrit : « En boire peu et
modérément à chaque repas, c’est trop
restreindre les faveurs de ce Dieu ». «La
coutume a tort de condamner le vin parce que
quelques-uns s’en enivrent. On ne peut
abuser que des choses qui sont bonnes ».
Le philosophe Michel de Montaigne,
mi-périgourdin, mi- girondin était déjà un
grand œnophile « Je me laisse aller à
certaines formes de verres et ne bois pas
volontiers en verre commun ». « Le vin est
capable de fournir à l’âme de la tempérance
; au corps de la santé ».
C’est dans une jolie campagne, entourée de
vignobles, que nous attend le plus célèbre
des Périgourdins, Michel de Montaigne.
Ravagé par un incendie au XIXe siècle, le
château fut reconstruit dans un style
néo-Renaissance. Fort heureusement, la tour
ronde, la « librairie », cabinet-
bibliothèque de l’écrivain, échappa au
désastre.
Ce
terroir partage sa production entre vignes
blanches, plantées de Sémillon, Sauvignon et
muscadelle et vignes rouges, plantées de
Merlot, Cabernet franc, Cabernet Sauvignon
et Malbec. Le vin de Montravel, blanc sec
aromatique, souvent élevé sur lies fines, a
une structure généreuse en bouche et
beaucoup de finesse. Le
Côte de Montravel est un vin moelleux de
grande complexité, aromatique avec des notes
florales. Le Haut-Montravel, vin moelleux
plus riche, est très suave avec une grande
concentration. Montravel est aussi un grand
vin rouge. Élaboré avec des conditions de
production très strictes, c’est un vin de
garde puissant et racé. Les vignerons de
Montravel, artisans passionnés, tous unis
dans le sens du devoir et du travail bien
fait, révèlent la quintessence de leur
terroir et de leurs cépages.
Fin octobre, de la vallée de la Dordogne,
remonte chaque matin une brume temporaire,
qui se retire à la mi-journée pour laisser
place au soleil. Cette alternance répétée
d’humidité et de chaleur, développe sur les
baies la magie de la pourriture noble,
indispensable aux meilleurs Haut Montravel,
qui seront alors de grands vins liquoreux,
naturels, sans chaptalisation.
Pays de moulins et de commerce,
d’archéologie et de penseurs, cette terre
d’ouverture d’esprit et de pacifisme,
berceau du célèbre philosophe Michel Eyquem
de Montaigne, fut aussi le théâtre de la fin
de la guerre de Cent ans. De l’œuvre de M.Y.
de Montaigne se dégage l’image d’un honnête
hommes, qui aime la franchise et la
civilité, l’équilibre de la conscience et la
maîtrise de soi. Sa haine de la violence et
du fanatisme en font un fondateur de la
sagesse moderne dont tous les Vignerons de
Montravel sont fiers.
L’histoire du vignobles de Bergerac et
d’Aquitaine
Bien avant
l’ère chrétienne, les Pétrucores, gaulois du
Périgord, ont planté le premier cep de vigne
dans la vallée de la Dordogne, initiant une
culture dont l’essor ira s’amplifiant durant
tout le Moyen Age.
En 1080, les moines bénédictins installent
leur prieuré et vendangent à Bergerac, en
découvrant au passage, dit la légende, les
vertus de la « pourriture noble » ( Botrytis
Cinerea ) qui fait les grands liquoreux. La
période anglaise ouvrira la voie de
l’expansion des vins, par la grâce d’Henri
III qui les exemptera de toute taxe. En 1322
naît le territoire circonscrit de la « Vinée
» de Bergerac, dont les limites ne varieront
pas jusqu’en 1776. Héritiers de ce
savoir-faire millénaire, les vignerons de
Bergerac poursuivent une œuvre reconnue par
l’INAO ( Institut National des Appellations
d’Origine ) pour les treize AOC du vignoble
de Bergerac.
LES CONFRÉRIES DES VINS DE FRANCE
qui chantent la vigne et le vin
sous la protection de leurs Saints patrons
Bacchus, Dieu du vin et Saint-Vincent,
patron des vignerons.
Le bon vin, on le hume, on le mire, on le
déguste, on en parle… et on le chante. « A
parler de vin, on devient poète, et
curieusement les Confréries qui fêtent le
vin le font devenir poésie, œuvre d’art et
œuvre d’amour » C’est en tout cas la belle
mission-passion du vin qui m’a permis de
mener à bien « l’Ordre du Mérite Œnophile »
dans un inoubliable tour de France bachique,
depuis le 22 janvier 1971, le jour de la
fête de Saint-Vincent patron des vignerons,
dont le pèlerinage est parti verre et
tastevin en main de Bergerac.
Construit au
XVII e siècle le Cloître des Récollets
accueil le Conseil Interprofessionnel des
viticulteurs de la région de Bergerac (
c’est lui qui décide de l’appellation des
vins ). Le couvent abrite un laboratoire
d’œnologie ou j’ai fait avec plaisir en
octobre 1976 pendant les vendanges, un
intéressant stage sous la surveillance de
Pierre DULOU. Avec un peu de chance, vous
pourrez assister à une intronisation en
grande pompe. Les impétrants jurent avec
solennité fidélité aux vins de Bergerac dans
le caveau des moines.

Le Consulat de la Vinée de Bergerac
Vignoble : Vins de la région de Bergerac :
Montravel, Saussignac, Pécharmant, Rosette,
Monbazillac.
Fondation : 1954, pour le septième
centenaire des Franchises données à la Ville
par Henri III, roi d’Angleterre.
Insigne : Pied de griffon sur champ de
gueule, portant la date de 1254 ; en exerge
: « Sigillum consulatis vinae de bragairac
».
Les Consuls organisent fréquemment des
tenues de leur Conseil et admettent parmi
eux, à grand cérémonial , les nouveaux
promus. À cette occasion, ils revêtent leur uniforme
de cérémonie, la longue robe de laine lie de
vin avec mantelet, poignet et parements de
satin jaune à broderie d’or, le chaperon de
même et le grand collier à médaillon.
Avec eux, vous
pourrez réciter la plus sympathique des
comptines :
Rosette et Bergerac
Montravel et Saussignac
Pécharmant, Monbazillac
Et, après une épreuve de dégustation, vous
entendre dire :
Au pays qu’illustrèrent Cyrano et Montaigne,
Où le raisin se dore au soleil sous la
feuille,
De Bergerac la Vinée vous accueille
En vous intronisant au sein du Consulat.
Ils remettent
alors aux impétrants, un magnifique diplôme
au cachet de cire rouge, pour commémorer
l’événement. Le Conseil Interprofessionnel
des Vins de la Région de Bergerac a tenu à
reconstituer sur les bords de la Dordogne
cette antique institution bachique, l’une
des plus ancienne de France et les modernes
consuls de la Vinée de Bergerac.
Ils ont pour
juridiction, la réglementation des
vendanges, de la qualité des vins et même de
fûts vides de fabrication locale. C’est tout
cela que surveillent les consuls de la Vinée
de Bergerac. C’est ainsi que le Consulat est
fier de recevoir ses amis
qui boiront,
recueillis avec dévotion,
Le breuvage aux tons chauds scintillant dans
leur verre :
On le doit au labeur plusieurs fois
centenaire.
Aux œnophiles ces amoureux du vin,
de l’ensemble du royaume de Bacchus.
J’adresse mes vœux de bonne et heureuse
année 2008.
Je souhaite également pour tous :
« Un verre de vin chaque jour,
la santé pour toujours ! »

Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac |
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Un
mot sur l'auteur |
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L’AUTEUR Jean Claude DENOGENS est né le 25 août
1936 à Saint-Martin-de-Gurçon Dordogne, aimable
village planté au milieu des vignes du
Bergeracois. Bien né, puisque né au pays de
Cyrano de Bergerac.
Issu d’une famille vigneronne dans le beau
Périgord pourpre et or il y demeure jusqu’à son
service militaire. Chemin faisant, il s’installe
à Bordeaux Gironde ou il débute le journalisme
au quotidien « La France ». Bien éduqué et bien
instruit, puisque bercé en poésie au pays des
trois « M » Montaigne, Montesquieu, Mauriac,
illustres auteurs Vignerons et Bordelais. Il y
rencontre celui qui sera son mentor, le célèbre
Jean-Max Eylaud, docteur en sociologie,
fondateur de la société des médecins amis des
vins de France. Avec un goût passionné, pour la
défense et l’illustration des vin de France en
1971, il fonde l’«Ordre du Mérite Œnophile» sous
l’égide du poète écrivain-vigneron Bordelais le
docteur Eylaud.
Puis 1972, la « Gazette des Œnophiles De Vigne
en Bouche ». Première profession de foi de sa
vocation vineuse. Installé au Québec depuis
1963, Jean Claude DENOGENS s’emploie, désormais
sous le vocable de l’œnophilie, à servir avec
une ferveur égale, à la fois Apollon (les
lettres) Bacchus (le vin) et Saint-Vincent
(patron des vignerons). Conférencier de renom,
sous le thème « Mirer ! Humer ! Goûter ! Extase!» il fit le tour de la belle province de Québec
y donnant une série de cours-conférences. En
2007, Jean Claude DENOGENS qui a collaboré à
plusieurs quotidiens et magazines est le doyen
des chroniqueurs spécialisés en vin.
Membre d’un grand
nombre de Confréries vineuses et de la (FIJEV),
Le fondateur Grand Chancelier des
Œnophiles Jean Claude DENOGENS est entre autres
distinctions, un des rares journaliste français
au Canada à porter le titre d’Officier de
l’Ordre du Mérite Agricole Français.
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