Jean-Claude Denogens
Officier du Mérite Agricole (France)
Grand Consul de la Vinée de Bergerac

 

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                                                                                        Mirer ! Humer ! Goûter ! Extase !

   Hommage au Périgord pourpre et or

    par Jean Claude DENOGENS 

Clin d’œil.
Une surprise fortement appréciée!

Chers amis œnophiles, merci, vous êtes nombreux à m’avoir, des quatre coins du Québec et de France, à m'avoir adressé des courriels de félicitations pour mon humble prose vini-gastronomique. Cela me fait chaud au cœur et me rappelle 25 ans en arrière, les charmants moments et votre accueil dans nos nombreuses tournées de cours-conférences avec le « Collège des Maitres-Œnophiles ». Aidé du docteur Samuel LETENDRE Grand Maître et l’Abbé Bertrand POMERLEAU notre Ordre bachique était curieux éducatif et humain. La mission la plus attrayante fût et resta de chanter les enivrantes vertus du vin français bien sûr. Je me rappelle aussi de votre joie, avec mon accent rocailleux du midi moins le quart, que les gens reprenaient un peu taquin. Car dans mon Périgord natal on roule les « R ». Je me souviens aussi en guise de rengaine, aimablement et phonétiquement associée à mon nom Denogens ; les dames chantaient en fin de séances ou de repas « Ah ! le petit vin blanc qu’on boit sous les tonnelles, quand les filles sont belles du côté de Nogent ». Célèbre valse musette de 1943, chanté par Lucienne BOYER. Enfin pour répondre à la plupart d’entre vous mes chroniques ne sont pas seulement sur le Périgord. Je vous rassure si Dieu le veux, toute la France vitivinicole sera explorée.

Voilà chers amis, pour bien connaître le vin, il faut visiter la terre qui le produit. Coteau par coteau, vigne par vigne, grappe par grappe, cave par cave, vigneron par vigneron, la France des vins sera passer en revue. « De Vigne en Bouche la Gazette des Œnophiles » et son gazetier ne peuvent quitter une si belle région du Périgord, sans saluer poétiquement sa gastronomie et ses vins.
« La truffe est au foie gras, ce que la perle est à l’écrin »
( Curnonsky ).
« Pour une cocotte, seule le diamant est honorable, pour un gastrophile, le seul diamant est la truffe »
( Raymond Oliver ).

LA BELLE TENEBREUSE
« Lorsque tu dormiras, ma belle ténébreuse.
Gemme noire ocellant le cœur d’un pâté blond.
Ton âme embaumera la chair miraculeuse
Ensevelie au creux d’un menu coffre oblong.

Foie d’oie irradié par la truffe, ô poème !
O splendeur, quant ouvrant le tombeau glorieux.
Les bienheureux élus promis au ciel suprême
Béats, dégusteront le délice des dieux. »

                                         
Armand GOT.

Naissance d’une truffière
La truffe, est un champignon lucifuge, invisible, elle n’est perceptible qu’à l’odorat. On peut la deviner aux zones brûlées. Il se forme, autour du pied des arbres élus par la truffe, une couronne dégarnie des herbes et graminées qui y poussent naturellement. C’est le chêne ( Quercus ) qui est l’arbre de choix. Dès la Saint-Jean d’été, voilà que par endroits la terre se craquèle comme, au font d’une mare, la vase desséchée. Ce signe ne ment pas : des truffes se forment là-dessous. L’homme a remarqué le manège des animaux sauvages : le sanglier, le renard, le blaireau, le cerf, qui sont friands de la truffe, la flairent de loin grâce à leur odorat subtil, la situent, la déterrent et la mangent. Un autre signe est la présence voltigeante d’ insectes ( en particulier la mouche à truffes, l’« helomyza tuberivora » ) au dessus des fissures qui marques la naissance des truffes. L’homme aura recours au sanglier domestique le porc, et plus spécialement la laie ou la truie.

CYRANO… D’ICI, CYRANO… DE LA
Tirades de … pifs ( Nasardes )
Un grand nez
Est le signe d’un homme spirituel,
Courtois,
Affable,
Généreux,
Libéral,
Et le petit
Est un signe du contraire.


R De CYRANO DE BERGERAC

Mais Cyrano était-il ou non de Bergerac…
Sinon par la naissance du moins par ses origines ?

« Suis-je né dans la rue Clairat
Comme un Président le murmure,
Ou, comme un érudit l’assure,
A la Ribeyrie ou Lembras ?

On se livre à des gymnastiques
Pour prouver que je suis Gascon
De Bergerac. Mais, sans façon
Chevreuse me revendique.

Rêveur, batailleur, sans vergogne,
Farfelu, bon cœur et vantard,
Joyeux, menteur et franc roublard.
On est tout cela en Gascogne.

Si, génial, Rostand m’a fait naître
Dans votre ville, c’est, je crois,
O chers cousins bergeracois,
Parce qu’il devait bien vous connaître.

Mais s’il advient que l’on m’oublie
Et qu’on déforme mon image
J’en minimiserai l’outrage,
Nul n’est prophète en son pays ! »
                                     
Jean Dalba


« Sa tête paraissait presque veuve de cheveux :
on les eût largement comptés de dix pas.
Ses yeux se perdaient sous ses sourcils,
Son nez, large par sa tige et recourbé,
représentait celui de ces babillards jaunes
et verts qu’on apporte de l’Amérique.
Son œsophage pagotait un peu.
Son estomac était une copie
de la bedaine ésopique. »
( DASSOUCY, contemporain et ami de Cyrano. )

Tout le monde connaît la fameuse tirade des nez
( Pour moi cela reste un souvenir de collège impérissable, la récitation presque parfaite, sans erreur de parcourt sinon pas de billet d’honneur. Il fallait lire cet humoristique poème devant une assistance mixte a haute et intelligible voix en présence d’ examinateurs pontifs ).

La TIRADE DES NEZ
Ah ! non ! c’est un peu court, jeune homme !
On pouvait dire… Oh ! Dieu ! … bien des choses, en somme…
En variant le ton,- par exemple, tenez :
Agressif : « Moi, monsieur, si j’avais un tel nez,
Il faudrait sur-le-champ que je me l’amputasse ! »
Amical : « Mais il doit tremper dans votre tasse !
Pour boire, faites-vous fabriquer un hanap ! »
Descriptif : « C’est un roc ! c’est un pic ! c’est un cap !
Que dis-je ! c’est un cap ?... C’est une péninsule ! »
Curieux : « De quoi sert cette oblongue capsule ?
D’écritoire, monsieur, ou de boîte à ciseaux ? »
Gracieux : « Aimez-vous à ce point les oiseaux
Que paternellement vous vous préoccupâtes
De tendre ce perchoir à leurs petites pattes ? »
Truculent : « Çà, monsieur, lorsque vous pétunez,
La vapeur du tabac vous sort-elle du nez
Sans qu’un voisin ne crie au feu de cheminée ? »
Prévenant : « Gardez-vous, votre tête entraînée
Par ce poids, de tomber en avant sur le sol ! »
Tendre : « Faites-lui faire un petit parasol
De peur que sa couleur au soleil ne se fane ! »
Pédant : « L’animal seul, monsieur , qu’Aristophane
Appelle Hippocampelephantocamélos
Dut avoir sous le front tant de chair sur tant d’os ! »
Cavalier : « Quoi, l’ami, ce croc est à la mode ?
Pour pendre son chapeau, c’est vraiment très commode ! »
Emphatique : « Aucun vent ne peut, nez magisral,
T’enrhumer tout entier, excepté le mistral ! »
Dramatique : « C’est la mer Rouge quand il saigne ! »
Admiratif : « Pour un parfumeur, quelle enseigne ! »
Lyrique : « Est-ce une conque, êtes-vous un triton ?
Naïf : « Ce monument, quand le visite-t-on? »
Respectueux : « Souffrez, monsieur, qu’on vous salue,
C’est là ce qui s’appelle avoir pignon sur rue ! »
Campagnard : « Hé, ardé! C’est-y un nez ? Nanain !
C’est queuqu’ navet géant ou ben queuqu’ melon nain ! »
Militaire : « Pointez contre cavalerie ! »
Pratique : « Voulez-vous le mettre en loterie ?

Assurément, monsieur ce sera le gros lot ! »
Enfin, parodiant Pyrame en un sanglot :
« Le voilà donc ce nez qui des traits de son maître
A détruit l’harmonie ! Il en rougit, le traite ! »
-Voilà ce qu’à peu près, mon cher, vous m’auriez dit,
Si vous aviez un peu de lettres et d’esprit ;
Mais d’esprit, ô le plus lamentable des êtres,
Vous n’en eûtes jamais un atome, et de lettres
Vous n’avez que les trois qui forment le mot : sot !
Eussiez-vous eu, d’ailleurs, l’invention qu’il faut
Pour pouvoir là, devant ces nobles galeries,
Me servir toutes ces folles plaisanteries,
Que vous n’en eussiez pas articulé le quart
De la moitié du commencement d’une, car
Je me les sers moi-même, avec assez de verve.
Mais je ne permets pas qu’un autre me les serve.
                                                
Edmond ROSTAND

Avec panache, ils peuvent dirent aux œnophiles nous sommes là.
Les vins rouges de Bergerac sont, dans l’ensemble, très séduisants par leur fruité éclatant, leur structure souple et leurs prix modestes. Les blancs secs sont pleins de fraîcheur. Les liquoreux, à la personnalité affirmée ont de belles expressions de terroir.

Rendons hommage aux vignerons des vins de Bergerac et aux 22 Consuls du Consulat de la Vinée de Bergerac.

À la gloire des Vins de Bergerac.

Voulant, bien humblement, célébrer comme Horace,
Les splendeurs de la vigne et le charme du vin,
Volez à mon secours ô Filles du Parnasse,
Pour louer de Bacchus ce breuvage divin.

Car vous l’avez goûté, servi par Ganymède,
Sur le Pinde, jadis, à la table des Dieux,
Alors que vous tenait sous son charme l’aède :
Orphée, exécutant ses chants mélodieux.

Lors donc, je vais chanter les Côtes de Dordogne
Dans les vins généreux, si prisés des gourmets,
Des braves vignerons illuminent la trogne
Et rehaussent, aussi, la valeur de nos mets.

Vignoble aux ceps noueux, tu gardes fière allure
Quand, le printemps, l’été, tu changes de décor,
Agitant, sous le vent, ta mouvante parure
D’émeraude, d’abord, puis de rubis et d’or.

Dans tes vignes en fleur l’abeille se régale,
Active, butinant tout au long des sillons ;
Septembre voit la grive, apaisant sa fringale,
Picorer, goulûment, les derniers grappillons.

Tandis qu’en la pénombre, attendant qu’on les cueille,
Captant avidement, dans leurs grains de vermeil,
La chaleur des Phœbus, sous un de feuille,
Tes lourds raisins pansus se gorgent de soleil.

Au temps de la vendanges, au début de l’automne.
Un doux parfum musqué montera du cellier,
Alors que du pressoir le cliquet monotone
Egrènera son bruit sec, dur et régulier.

O vin de Bergerac, quand ta chaude caresse
Procure à mon palais de doux instants d’émoi,
Sensuelle, je sens se répandre une ivresse
Qui trouble mon esprit et s’empare de moi.

La chaleur de ton corps envahit tout mon être,
Toi qui, dans la saison, a lentement capté
Sortilèges, parfums, dont la douceur champêtre
Nous apporte, à la fois, nectar et volupté.

Noble vin du terroir, cher au cœur de Montaigne,
Qui recèles en toi la flamme du soleil,
De l’ardeur de ton feu tout entier je m’imprègne,
Que tu sois rosé, blanc ou simplement vermeil.

A travers ton vignoble on retrouve la trace
Des grandes qualités et vertus de jadis :
Gaîté, malice, joie et bon sens de la race
Dont, ensemble, sont fiers tes filles et fils

Patiemment soigné dans la fraîcheur des caves
Tu conquiers, sûrement, belle robe et bouquet,
Arômes délicats, personnels et suaves
Qui distinguent tes crus et charment le gourmet.

Aussi, quand la gaîté règne autour de nos tables,
C’est grâce à ta magie, à ta douce chaleur,
Qu’à travers le plaisir de rêves adorables,
Nous sentons s’éloigner les soucis, la douleur.

« Côtes de Bergerac » blancs ou rouges, qu’importe ,
Comme grand ordinaire on ne peut choisir mieux,
Tant votre corps charnu, généreux réconforte
Et régale, à la fois, les jeunes et les vieux.

Le blanc de « Montravel » et celui de « Rosette »
Conviennent à ravir au hors-d’œuvre, au poisson,
Et des hôtes chagrins seront vite en goguette
Quand ils dégusteront cette dive boisson.

Si la fortune veut, aussi, que l’on nous serve
Un foie enrobé d’or, de truffes bien clouté,
Qu’un blanc de « Saussignac », d’excellente réserve,
Nous fassent apprécier son riche velouté.

Pour goûter le rôti, le gibier, le fromage,
Rien n’égale, a mon sens, un noble « Pécharmant »,
Bien corsé, capiteux, qui mérite l’hommage
Du gourmet difficile ainsi que du gourmand.

Mais au dessert, vraiment, le seul vin qui s’impose,
Est un « Monbazillac » dont la douce liqueur
Terminant le repas dans une apothéose
Stimulera l’esprit en embrasant le cœur .

                         
Paul ROGER.
                                Président de l’Académie des Lettres et des Arts du Périgord,
                                Vice-président des « Périgourdins de Bordeaux »,
                                Grand Epistolier de l’Ordre du Mérite Œnophile.



« Le vin est à la table, ce que la fleur est au jardin ».
                                                                             ( Docteur Tant. )

En blanc :
AOC Montravel , Château Calabre 2006 (A-C)-code SAQ : 10258638-prix 13,80 $.
Cépages : 50 % Sauvignon - 40% Sémillon - 10 % Muscadelle
Joli vin blanc d’une robe brillante aux nuance dorée, avec des reflets verts.
Au nez aromatique d’agrume et de fleurs blanches. En bouche, ample de la rondeur et une bonne persistance.
 

Conseil de l’œnophile :
Voilà un autre savoir faire de Bergerac ( Région viticole de Montravel ), signature du sérieux œnologue propriétaire Daniel Hecquet. Un joli vin de soif, pour un bon rapport qualité-prix, un vin de plaisir, gouleyant avec de la fraîcheur et du fruit. Disponible dans l’ensemble du réseau SAQ. Le compagnon idéal de l’apéritif de tout un repas. Température de service entre10-12 degrés.


 

       
        
         Jean-Claude Denogens

             Officier du Mérite Agricole (France)
             Grand Consul de la Vinée de Bergerac

 
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     Un mot sur l'auteur


L’AUTEUR Jean Claude DENOGENS est né le 25 août 1936 à Saint-Martin-de-Gurçon Dordogne, aimable village planté au milieu des vignes du Bergeracois. Bien né, puisque né au pays de Cyrano de Bergerac.

Issu d’une famille vigneronne dans le beau Périgord pourpre et or il y demeure jusqu’à son service militaire. Chemin faisant, il s’installe à Bordeaux Gironde ou il débute le journalisme au quotidien « La France ». Bien éduqué et bien instruit, puisque bercé en poésie au pays des trois « M » Montaigne, Montesquieu, Mauriac, illustres auteurs Vignerons et Bordelais. Il y rencontre celui qui sera son mentor, le célèbre Jean-Max Eylaud, docteur en sociologie, fondateur de la société des médecins amis des vins de France. Avec un goût passionné, pour la défense et l’illustration des vin de France en 1971, il fonde l’«Ordre du Mérite Œnophile» sous l’égide du poète écrivain-vigneron Bordelais le docteur Eylaud.

Puis 1972, la « Gazette des Œnophiles De Vigne en Bouche ». Première profession de foi de sa vocation vineuse. Installé au Québec depuis 1963, Jean Claude DENOGENS s’emploie, désormais sous le vocable de l’œnophilie, à servir avec une ferveur égale, à la fois Apollon (les lettres) Bacchus (le vin) et Saint-Vincent (patron des vignerons). Conférencier de renom, sous le thème « Mirer ! Humer ! Goûter ! Extase!» il fit le tour de la belle province de Québec y donnant une série de cours-conférences. En 2007, Jean Claude DENOGENS qui a collaboré à plusieurs quotidiens et magazines est le doyen des chroniqueurs spécialisés en vin.

Membre d’un grand nombre de Confréries vineuses et de la (FIJEV), Le fondateur Grand Chancelier des
Œnophiles Jean Claude DENOGENS est entre autres distinctions, un des rares journaliste français au Canada à porter le titre d’Officier de l’Ordre du Mérite Agricole Français.
 

   

 

 

 

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