Jean-Claude Denogens
-Officier du Mérite Agricole (France)
-Confrère de la Confrérie Saint-Étienne Alsace

 

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                                                                                        Mirer ! Humer ! Goûter ! Extase !

   L’Alsace son histoire son vignoble ses vins.

    par Jean Claude DENOGENS  / crédits photos de cet article: CIVA.

La vigne est très ancienne en Alsace : elle poussait aux bords du Rhin bien avant l’arrivée de Jules César et de son armée en l’an 59 avant J.-C. En amont de Bâle on a trouvé au bord du Rhin de grands tas de vieux pépins de raisins d’une grande antériorité. L’armée romaine est restée en Alsace presque cinq siècles, puis les Mérovingiens s’y sont fixés dans leur fermes, les Carolingiens firent de même, puis deux familles d’Alsace, les prestigieux Hohenstauffen et les célèbres Habsbourg furent successivement empereurs du St-Empire. Le vignoble d’Alsace avait alors une très grande renommée et une belle richesse : il livrait ses vins à la Suisse, à la Lorraine, aux Pays-Bas, à l’Angleterre, aux Pays Nordiques et à tout le Saint-Empire… Strasbourg était pendant des siècles l’un des plus grands marchés du vin. Pendant la guerre de Trente ans ( 1618-1648 ), le vignoble d’Alsace a beaucoup souffert, l’Alsace devint un glacis militaire pendant plusieurs siècles et changea plusieurs fois de nationalité. Au début du XX e siècle, le vignoble alsacien se trouvait dans une situation désastreuse sous l’effet du phyloxera, du mildiou, de l’oïdium, mais à partir de 1920 les vignerons alsaciens l’ont reconstitué avec une énergie exemplaire avec les vieux cépages traditionnels ( Riesling, Muscat, Tokay d’Alsace, Gewurztraminer, Pinot blanc ou noir, Sylvaner…) dans les collines sous-vosgiennes aux terrains variés, orientés vers l’Est et très ensoleillés, produisant des vins de grande qualité et très agréables.
Le vignoble alsacien renaît véritablement au lendemain de la première guerre mondiale lorsque les viticulteurs s’engagent dans une politique de qualité en choisissant de produire des vins élaborés à partir de cépages typiques.

« Oh ! le beau jardin », se serait exclamé Louis XIV le rois soleil contemplant avec ravissement la riante campagne alsacienne.

C’est en effet un grand jardin de fleur et un long ruban de vignobles que nous allons explorer. Suivre la route du vin d’Alsace, c’est admirer les ondulations d’un itinéraire qui, sur 180 km, de Thann ( Haut-Rhin ) jusqu’au-delà de Marlenheim ( Bas-Rhin ), serpente du nord au sud à travers les collines du vignoble occupant une superficie d’environ 15 000 hectares. Au fil de ce beau et long vignoble dont la largeur excède rarement 5 Km, se répartit la riche gamme des 7 cépages. En Alsace, contrairement aux usages des autres vignobles français, ce n’est pas en général le terroir qui donne son nom aux vins d’Alsace, mais les cépages eux-mêmes. Les vins d’Alsace proviennent de sept cépages : Sylvaner, Pinot Blanc, Riesling, Muscat d’Alsace, Tokay Pinot Gris, Gewurztraminer et Pinot Noir.





Le Sylvaner est remarquablement frais et léger, avec un fruit discret. Agréable et désaltérant.
 

 


 

Le Pinot Blanc, rond et délicat, allie fraîcheur et souplesse pour représenter un juste milieu dans la gamme des vins d’Alsace.

 

 

 


Le Riesling, sec, racé, délicatement fruité, offre un bouquet d’une grande finesse avec des nuances parfois minérales ou florales. Reconnu comme l’un des meilleurs cépages blancs au monde.

 

 


Le Muscat d’Alsace se distingue des Muscats doux du Midi par son caractère sec. Très aromatique, il exprime à merveille la saveur de fruits frais.

 



Le Tokay Pinot Gris développe une opulence et une saveur caractéristique. Charpenté, rond et long en bouche, il présente des arômes complexes de sous-bois parfois légèrement fumés.

 


Le Gewurztraminer, corsé et bien charpenté, est probablement le plus célèbre des vins d’Alsace. Son bouquet intense développe de riches arômes de fruits, de fleurs ou d’épices ( gewur= épicé ). Puissant et séducteur, parfois légèrement moelleux, c’est souvent un vin de garde.

 




Le vignoble alsacien est cultivé sur des terroirs très variés, ici schisteux ou granitiques, là gréseux ou calcaires. À 90% environ, les vins d’Alsace sont blancs. Les vins rouges et rosés sont exclusivement obtenus à partir de Pinot noir.

 



L’éternelle jeunesse du vin d’Alsace

Le Vin d’Alsace est selon mon expérience, celui des vins français qui conserve le plus longtemps ses qualités de jeunesse, c’est-à-dire le fruité, l’acidité et la teneur en alcool. On ne connaît même pas la limite de cette extraordinaire jouvence. Raymond Dumay cite (« Guide du vin », Éditions Stock ) des bouteilles datant de 1834 et 1865 qui, bues en 1963, paraissaient n’avoir que quelques années d’âge. On suppose que, dans de bonnes conditions, le Vin d’Alsace, s’il est de qualité, peut demeurer intact plusieurs siècles… Mais il est très sensible aux moindres variations de température et il faut toujours lui réserver le meilleur coin d’une cave.

Entre Strasbourg et Colmar, sur ce séduisant itinéraire vineux, nous avions découvert de pimpants villages et bourgs fleuris, gais et accueillants. Nous y rencontrions pour notre bonheur une succession de maisons à Colombages avec les balcons fleuris.

J’ai personnellement vite ressenti la sincère fierté alsacienne chez ces solides et grands gaillards vignerons. Lors de flânerie et pour le plaisir des yeux, cette belle et noble Alsace offre une décoration extérieure originale, sculptant les poteaux d’angle, gravant les linteaux et les encadrements de porte d’inscriptions, çà et là des blasons et de pittoresques fenêtres en encorbellement et partout des toits pointus, qui ne portent malheureusement plus que des nids désertés par les cigognes.

Il manque de plus en plus de grenouilles dont son friandes nos traditionnelles cigognes. Un autre beau plaisir des yeux il faut voir toutes ces fenêtres garnis de géraniums. Les villages alsaciens ont une charmante coutume, surtout ceux sur la route du vin, se font un point d’honneur à être les plus fleuris de France. Autre flânerie de détente, une rencontre d’un puit ou une fontaine au milieu d’une petite place abondamment garnis de fleurs. Au sommet de ce puit ou fontaine, un animal ou un saint protecteur de l’endroit, sainte Odile à Obernai, saint Thiébaut à Thann.


Notes de l’auteur et source de la Confrérie Saint-Etienne Alsace.


 

       
        
         Jean-Claude Denogens

             Officier du Mérite Agricole (France)
             Confrère de la Confrérie Saint-Étienne Alsace

 
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     Un mot sur l'auteur


L’AUTEUR Jean Claude DENOGENS est né le 25 août 1936 à Saint-Martin-de-Gurçon Dordogne, aimable village planté au milieu des vignes du Bergeracois. Bien né, puisque né au pays de Cyrano de Bergerac.

Issu d’une famille vigneronne dans le beau Périgord pourpre et or il y demeure jusqu’à son service militaire. Chemin faisant, il s’installe à Bordeaux Gironde ou il débute le journalisme au quotidien « La France ». Bien éduqué et bien instruit, puisque bercé en poésie au pays des trois « M » Montaigne, Montesquieu, Mauriac, illustres auteurs Vignerons et Bordelais. Il y rencontre celui qui sera son mentor, le célèbre Jean-Max Eylaud, docteur en sociologie, fondateur de la société des médecins amis des vins de France. Avec un goût passionné, pour la défense et l’illustration des vin de France en 1971, il fonde l’«Ordre du Mérite Œnophile» sous l’égide du poète écrivain-vigneron Bordelais le docteur Eylaud.

Puis 1972, la « Gazette des Œnophiles De Vigne en Bouche ». Première profession de foi de sa vocation vineuse. Installé au Québec depuis 1963, Jean Claude DENOGENS s’emploie, désormais sous le vocable de l’œnophilie, à servir avec une ferveur égale, à la fois Apollon (les lettres) Bacchus (le vin) et Saint-Vincent (patron des vignerons). Conférencier de renom, sous le thème « Mirer ! Humer ! Goûter ! Extase!» il fit le tour de la belle province de Québec y donnant une série de cours-conférences. En 2007, Jean Claude DENOGENS qui a collaboré à plusieurs quotidiens et magazines est le doyen des chroniqueurs spécialisés en vin.

Membre d’un grand nombre de Confréries vineuses et de la (FIJEV), Le fondateur Grand Chancelier des
Œnophiles Jean Claude DENOGENS est entre autres distinctions, un des rares journaliste français au Canada à porter le titre d’Officier de l’Ordre du Mérite Agricole Français.
 

   

 

 

 

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